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 Lys - Sentimenti Represso

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Lys
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MessageSujet: Lys - Sentimenti Represso   Lun 20 Fév 2012 - 18:17

Lys - Sentimenti Represso


Prélude


Auteur : Lys
Titre : Sentimenti Represso
Univers : Kingdom Hearts
Rating : T
Type : OS concours
Couple : SoraxRoxas (aka SoRoku), AxelxXion (aka AkuShion)
Résumé : Roxas ne veut pas l'admettre. C'est tellement plus facile d'ignorer. Mais tout au fond de lui-même, il le sait. Il les connaît, ces sentiments qu'il a pour son propre frère.
Disclammer : Pas à moi.


Sentimenti Represso


Parfois, il arrive qu'il se perde dans ses pensées. Parfois, il arrive qu'il y réfléchisse. Parfois, il arrive qu'il fasse des rêves. Parfois, il fait des cauchemars.

Mais le plus souvent, il rêve de lui. Que ce soit des rêves peu innocents ou des rêves qui le sont moins. Ça change, comme ses émotions. Et ça tourne, ça se modifie, ça ne se ressemble plus. Il n'a jamais été quelqu'un de stable ; il ne le sera jamais. Peut-être que ça doit être comme ça, en tout cas c'est ce qu'il pense. Peut-être qu'il devait accepter tout ça, ne plus se poser de questions. Trop facile. Trop lâche.

Et Roxas n'a jamais été un lâche. Du moins, il ne se le permettrait pas. Oh, l'ironie de la chose.

Trop lâche pour avouer à sa famille que les seins et les femmes ne l’intéressent pas, trop lâche pour avouer à son propre frère qu'il l'aime un peu trop. Trop lâche pour se l'être avoué à lui-même. Car oui, il est toujours dans le déni. C'est plus facile : pas de responsabilités, pas à s'inquiéter. Pas même besoin d'essayer de maîtriser ses sentiments. C'est tellement plus simple qu'il ne peut pas s'empêcher de succomber : pourquoi s'embêter à supprimer lorsque l'on peut cacher ? Qui n'a jamais poussé la poussière sous le tapis ? Sauf que voilà, il ne peut pas emmagasiner. Du moins trop longtemps.

Alors tout les matins, après un rêve plus ou moins érotique, il fait le point, prend son visage entre ses mains et se retient de pleurer. Il frappa son lit, serre les draps et les couvertures et tente de calmer sa rage. Il veut en parler à quelqu'un, mais il sait ce qu'en penseront les autres. « Dégoûtant », « C'est mal »... Alors il se tait, garde ça pour lui. Il espère tout les jours que le sourire ravissant de Xion finira par le faire craquer, que la douceur de Naminé finira par le faire fondre ou qu'une quelconque autre personne (que ce soit un autre homme aussi), réussisse à gagner son cœur. Après tout, il aurait tout accepté, il aurait accepté tout le monde. Mais Roxas n'y arrive pas.

Il donnerait tout pour pouvoir oublier. Pour arrêter de rêver de ce frère aux cheveux châtains ébouriffés, de ce corps au teint mat et de ces fichus yeux bleus si envoûtants. Pour arrêter d’espérer l'affection qui ne lui sera jamais donnée. Pour pouvoir passer à autre chose, pouvoir lui sourire à nouveau sans avoir peur de montrer quelque chose. Pour être naturel, ne pas avoir à se cacher constamment. Pouvoir arrêter de rougir lorsqu'il sent sa main sur son épaule ou lorsqu'il lui fait un câlin des plus innocents.

A chaque lever de soleil, Roxas prend sa tête entre ses mains, respire profondément et se dirige sans un mot vers la salle de bain contiguë à sa chambre (et il était toujours rassuré de savoir qu'il était toujours le premier à se lever, voir quelqu'un dans ce genre de situations serait assez cocasse) pour prendre une douche froide. Voir glacée. Après ça, il sortirait avec son expression habituelle, ce visage illisible qui exprime un ennui continuel. Et il entrerait dans sa chambre, sourirait sadiquement et le réveillerait d'une façon plus ou moins brutale. Ce crétin s'énerverait (après tout, c'était tellement simple de le faire sortir de ses gonds) et il s'enfuirait en ricanant.

« Roxas, reviens ici !
- Viens m'attraper si tu y arrives ! Répondrait-il narquoisement, d'une façon enfantine. »

Il fallait vraiment qu'il oublie ça. Qu'il oublie qu'il aimait Sora de tout son cœur.

{-}

Ou du moins essayer. Le problème ? Il n'y arrive pas ; mais ce n'est pas grave, il peut le nier encore un peu plus longtemps. Mais il le sait. C'est une chose étrange : il le sait, le pense, le comprend. Mais le dire ? Le confier à quelqu'un ? Hors de question. Trop de répercussions possible. Don ne il ne fait rien. Un plan génial qui ne le fait ni avancer, ni reculer. Au moins, il n'a rien à craindre sur ce côté.

« Hé, Roxas ! Tu me réponds quand j'te causes? »

Il se retourne, laisse son casier et se retrouve nez à nez avec un certain adolescent aux cheveux rouges. Axel. Axel, c'est le genre d'ami du genre à chercher les problèmes mais que vous trouvez vachement sympa. C'est aussi un adolescent à problèmes. Le nombre de fois où il a rencontré le juge pour mineurs à cause de ses envies pyromane est presque égal à la quantité, en gramme, de gel qu'il devait se mettre tout les jours sur les cheveux pour obtenir un résultat pareil. Venant du blond, c'est ironique, certes.

« Oh, Axel. »

Le rougeaud se renfrogna et croisa les bras devant sa poitrine en roulant les yeux d’exaspération.

« Oui, « oh, Axel ! » Tu peux me dire ce qui trotte dans ta petite tête de zombie ? »

Zombie. Le surnom qu'il détient depuis quelques années déjà. Dès la sixième, il avait été repéré. Un gamin blond au teint pâle, dont le visage n'affiche généralement qu'un ennui prononcé ou une froideur à gêner tout un bâtiment d'assassins. Il n'était pas rare que le pyromane lui rappelle souvent ce sobriquet qui, auparavant, lui donnait des envies de meurtre.

« Je me demandais si tu avais enfin décidé à parler à Xion.
- D-de quoi est-ce que tu parles ? »

Voilà une des raisons (en oubliant le fait qu'il est fou amoureux de son propre frère) qui font qu'il ne peut pas non plus envisager une relation avec la brune. Depuis que Roxas le lui avait présentée, il n'était pas rare que le regard d'Axel s'égare ou qu'il rougisse subitement lorsqu'elle lui parlait un peu gentiment. Et il était tellement orgueilleux qu'il ne l'aurait jamais avoué. C'était en quelque sorte sa botte secrète lorsqu'il voulait éviter un sujet.

« Rien, rien, dit-il avec un petit sourire au coin qui ne tromperait personne, c'est juste que je voulais savoir si tu lui avais demandé si elle pouvait me redonner mon cahier d'allemand. »

L'autre se gratta la nuque et eut un rire gêné.

« Oh, haha... C'est vrai, oui, faudrait que j'y pense tiens... »

Trop facile. Vraiment.

« Ah oui, au fait, se reprit-il, soudainement plus sérieux, Xemnas a décidé d'appeler tes vieux à cause de tes notes. »

Roxas pâlit considérablement et déglutit bruyamment. Le proviseur n'était pas connu pour sa gentillesse et pour son amour de sa profession. Loin de là ; le sadisme de ce vieux taré dépassait les limites de l'imagination pourtant forte du blond. A cause des « problèmes » qu'il avait ces temps-ci, sa concentration en cours avait largement baissé et sa motivation pour les révisions avait quelque peu disparue. Vu qu'il était un des meilleurs élèves, il était logique que ce taré de Xemnas ai appelé ses parents. Mais vu le sadisme du vieux, il craignait de rentrer...

« Il te l'a dit directement ?
- Nan. Il m'a envoyé son chien de garde. »

Saïx. Surnommé par tout l'établissement comme « toutou du patron ». Cet homme était vraiment hargneux et naturellement méchant, ce qui ne lui attirait l'affection de personne.

« Tu sais ce qu'il me veut ? Demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- Non plus. Il a rien voulu me lâcher, et j'ai pas voulu rester dans ses pattes. Il avait l'air furieux. »

Il n'eut pas besoin de poser de questions, car il savait qu'Axel allait lui raconter ce qui s'était passé. Simplement car il se retenait de rire. Et gloussait. Oui, gloussait.

« Tu sais ce qu'a fait cette sorcière de Larxene ? Elle a carrément fait disjoncter les circuits électriques de la salle informatique ! Je sais pas comment elle a réussi son coup, mais en tout cas, Tron est encore en train de tenter de trouver un moyen de réparer tout ça ! »

Tron ; le seul qui s'occupait des réseaux informatiques et de l’électricité en général dans l'établissement.

« Et dire qu'on m'engueulait... rajouta-t-il d'un ton exaspéré.
- Toi, tu as failli brûler la voiture du proviseur, je te rappelle. »

A l'évocation de ce petit 'accident', un sourire gêné se forma sur les lèvres d'Axel qui trouva néanmoins le besoin de se justifier.

« Écoutes, je te l'ai déjà dit, ce vieux chnoque m'avait donné quatre heures rien que pour une bombe à eau. Une bombe à eau ! »

Roxas lui offrit sa plus belle expression d'ennui.

« Ça n'excuse pas, Axel.
- Laisse tomber, tu comprendrais pas. » soupira-t-il en passant sa main dans ses cheveux.

La sonnerie retentit alors, diffusant son éternel son grinçant et insupportable. Il grimaça, comme d'habitude. Il aurait fallu penser à gifler l'inventeur de cette diabolique invention qu'était la sonnerie.

Alors qu'il se dépêchait de remonter en cours, il pensait que d'un côté, il avait toujours les cours pour oublier. Mais comme tout, ça ne marcherait pas éternellement. Au moins, il pouvait espérer.

Au moins.

{-}

Un psychologue, oui. Ce genre de personne qui est payée pour vous entendre vous lamenter. Eh bien, il y en a un qui suit Roxas depuis qu'il a quinze ans (c'est à dire depuis deux ans). Au départ, c'était juste pour tenter de comprendre les raisons de sa froideur apparente, mais au final, ils parlaient régulièrement de choses et d'autre. Que ce soit de l'importance de la pâte à pizza dans le monde ou de la vie (en général) de l'adolescent.

Son psy était en fait une psy. Une femme aux cheveux bleus nommée Aqua (à la force de voir des personnes aux couleurs de cheveux étranges, ça ne lui faisait plus rien) assez calme et agréable. Elle lui avait toujours répété qu'il ressemblait comme deux gouttes d'eau à l'un de ses meilleurs amis. Non pas qu'il s'y intéressait, il avait ri, à ce moment, pour ne pas la blesser.

« Donc, quoi de nouveau, Roxas ? »

Il posa ses bras sur la table et sa tête entre, riant à moitié. Enfin, un rire forcé, précisons-le.

« Rien. Absolument rien. »

Elle le fixa, et vu son froncement significatif de sourcil, elle ne le croyait pas.

« Ça va faire deux ans que l'on se connaît. Vraiment, tu sais que ça ne sert à rien de me mentir... »

Il eut une moue amusée. Du moins, qui se voulait amusée. Derrière cette façade, il avait peur de devoir s'expliquer.

« Disons... Que j'ai compris quelque chose. »

Comme d'habitude, elle ne dit rien. Elle savait qu'il allait continuer ; il reprenait juste son souffle.

« Je crois que...Je... Euh... J-je... »

Panique. Comment le dire ? Ou comment mentir ? Comment expliquer à quelqu'un quelque chose que lui-même a du mal à accepter ? Comment dire des mensonges sans être repéré ? Comment paniquer sans le montrer ? Comment réussir à l'avouer à soi-même ? Toutes ces questions tournaient dans sa tête, et il était complètement perdu. Elle circulaient en rond dans ses pensées, créaient l'hésitation. Son visage était alors rempli de confusion, de peur, de déni et de tristesse. Il voulait fondre en larmes, juste là. Craquer, sans se mettre de barrières. Pouvoir, une fois pour toute, finir par lâcher ce foutu masque qu'il portait tout le temps. Ça aurait été si facile... Il aurait suffi d'une petite phrase et tout aurait été fini. Mais un semi-mensonge restait correct, non ?

« Je... Je n'aime pas trop... Comment dire... »

Il balbutiait. Évidemment, ce n'était si facile que ça. Si tout été aussi simple que ça, alors il n'aurait jamais été dans une situation pareille.

« Je crois que... Enfin, euh, je le sais mais... disons que.. »

Bon, déjà, il allait le dire, certes. Mais le problème, c'est qu'il n'arrivait pas à calmer sa voix tremblante et cette saleté d'envie de partir en courant.

« Je... En fait, je crois que je, il termina sa phrase en decrescendo, je préfère les mecs... »

Un silence pesant suivi sa déclaration. Il rougissait et avait le visage semblable à une tomate. D'accord, il avait menti, mais pas totalement. C'était le principe du semi-mensonge. En même temps, il espérait de tout son cœur que cette femme qu'il connaissait plutôt bien à connaître ne se révèle pas totalement homophobe.

« Oh, c'est ça. »

Il eut comme l'impression que l'on lui enlevait une enclume du pied. Une enclume géante, plutôt. Il releva la tête, les yeux écarquillés et qui auraient pu concurrencer un poisson. Aqua le fixait d'un œil amusé, sa tête appuyée sur la paume se main. Devant sa réaction, elle s'expliqua.

« Roxas, Roxas. Je te suis depuis près de deux ans. J'ai eu le temps de comprendre que les femmes ne retenaient pas ton attention. »

Il rougit brutalement et détourna le regard. Être lu ainsi, comme un livre ouvert, à la manière d'un enfant, n'était pas quelque chose qu'il appréciait particulièrement. Il ne pensait pas que quiconque pourrait apprécier, d'ailleurs. Il se demanda un instant si elle ne finirait pas par découvrir son vilain petit secret. Qu'aurait-t-elle pensé dans le cas où il aurait avoué son véritable « problème » ?

Son dilemme était celui-là. Si la femme la plus gentille et la plus tolérante qu'il connaissait avait un problème avec son, enfin ses (il n'arrivait définitivement pas à le dire) « sentiments » pour son frère, comment réagirait sa famille ? La pire des énigmes était là. Si il se fichait de la réaction des gens normaux (après tout, il n'y a jamais fait attention, il n'allait pas commencer maintenant), celle de ses proches était bien plus importante pour lui.

« Dis-moi, et si tu me disais le vrai problème ? »

Sur ce coup, il ne fut pas surpris. Le fait qu'elle ait pu lire à travers son mensonge ne le surprenait absolument pas (après tout, elle était payé pour s'occuper de sa tête) et le contraire lui aurait fait se poser des questions. Sa gorge était soudainement sèche et il n'arrivait pas à formuler un seul mot. Un nœud s'était formé dans sa trachée et il sentait son estomac se contracter.

« Je... »

Incertitude, peur. Tout ces sentiments qui se mélangeaient tout les jours dans son esprit. Toutes ces putains de pensées qui le troublaient n'avait que ces conséquences sur ses émotions. Que pouvait-il dire ? « Hey, salut, en plus d'être gay, je suis complètement fou de Sora ! Tu sais, mon frangin ? ». Avouons-le, la plupart d'entre vous seraient quelque peu mal à l'aise : l'inceste n'était pas une sorte de relation très soutenue par la plupart des gens. Par peur, par ignorance, par frustration. Il y avait des dizaines de raison qui pousseraient les gens à le repousser, voir à le lyncher. Alors comment réagir ? Comment l'annoncer ?

Toutes ces questions se bousculaient dans sa tête. Comme d'habitude. Car il était faible : il n'arrivait pas à se débarrasser de ses putains de fantasme de merde...

Merde. Fais chier. Il voulait hurler toute les horreurs, tout les mots les plus vulgaires qu'il connaissait, mais il ne pouvait pas. Ce n'était pas la faute d'Aqua, ni de la faute de Sora.

Car oui, il était en colère contre lui. En colère contre cette personne qui hantait ses nuits, en colère contre ce sourire radieux, en colère contre ce corps si tentant... Ah.

En colère contre lui-même, oui. Il le savait lui. Mais il était un déni si profond, dans de tels sable mouvants, qu'à chaque fois qu'il se débattait, il avait l'impression de s'enfoncer encore un peu plus. C'était à la fois une sensation de perte de contrôle et de noyade. L'air avait quitté ses poumons et il se sentait qu'une crise de panique arrivait. Ses yeux écarquillés et sa respiration haletante suffirent à faire paniquer Aqua. Elle se leva et avant même qu'elle arrive vers lui pour le calmer, Roxas s'était dégagé.

Les cris de la psychologue ne suffirent pas à le retenir : il sortit en claquant la porte, courant dans les escaliers, des larmes brûlantes sur son visage.

La porte du hall d'entrée claqua brutalement, puis un silence lourd et pesant régna dans le bâtiment.

Aqua, en haut de l'escalier, observa tout ça d'un œil inquiet. Apparemment, il n'était pas encore prêt à lui dire.

Ou à se l'avouer à lui-même. Ça, c'était moins sûr.

{-}

Il courut. Il ne fit que ça, avec une seule direction en tête. Axel.

Il avait besoin de parler à quelqu'un de confiance, quelqu'un qui le connaissait bien. Quelqu'un qui ne le jugerait pas. Quelqu'un en qui il pouvait confier ce vilain petit secret. Lorsqu'il n'arrivait pas à se débrouiller dans une situation épineuse, il allait toujours se réfugier chez lui, le rougeaud lui ayant laissé les clés de sa maison (et vu qu'il savait que ses parents étaient partis en vacance, il n'y avait strictement aucun risque).

Ce ne fut donc pas étonnant de le voir arriver, tremblant, devant la maison de son vieil ami. Il toqua à la porte et ne reçut aucune réponse. Le truc, c'est que les murs de la baraque étaient parfaitement insonorisés. Donc il n'arriverait pas à entendre le moindre pas ou le moindre « j'arrive ! » marmonné avec cette voix mi-agacée, mi-désintéressée dont Axel avait le secret. Grognant à moitié, il se résolut tout de même à entrer. La simple pensée du visage dégoûté de son meilleur ami avait suffit à le calmer (et par la même occasion de arrêter ses spasmes de panique). Il glissa la clé dans la serrure en soupirant et ouvrit la porte en toute innocence.

S'il avait su, il aurait réfléchi deux fois.

Entendre la voix d'habitude si innocente et agréable de Xion gémir le prénom du rouquin n'était CERTAINEMENT pas ce qu'il s'attendait à entendre. Surtout par sur un canapé et dans cette... Position.

Et la voir en dessous de ce dit rouquin, totalement nue (quoiqu'Axel avait eu le temps, malgré la panique , de cacher leurs corps avec la couverture).

Bon, d'accord, rester là comme un idiot n'était peut-être pas une bonne idée. Mais disons que le trouble était tel que son cerveau n'arrivait pas à imprimer. Quelque chose avec les mots : Axel, Xion, nus et canapé ne collait pas. Le cri aigu que fit la brune aurait du le faire tiquer, mais il resta planté kà, incapable de dire un mot ou d'agir autrement qu'en ouvrant et fermant sa bouche à la façon d'un poisson.

Au moment ou le choc fut passé, après avoir blêmi, pris une teinte verdâtre, écarquillé les yeux, gelé sur place, il rougit furieusement. En un quart de seconde, son visage prit la teinte d'une pivoine et il ressortit immédiatement. La porte claqua bruyamment et il se mit dos au mur, la respiration haletante.

Laver sa tête était urgent. Il n'avait RIEN vu. RIEN entendu, et surtout pas Xion gémir, SURTOUT pas Xion. Brrr. Roxas perdit son teint rosé et il expira un grand coup. Il fit glisser les paumes de ses deux mains sur son visage. C'était vraiment, VRAIMENT (les majuscules sont d'usage dans ce genre de situation) embarrassant. Le blond n'était pas une sainte ni touche, mais ce genre d’événement ne manquait pas de le... Déranger. Enfin, avouons aussi que ce genre de situation n'était pas commune. Et qu'au lieu de se plaindre, il aurait du réagir.

Le truc qu'il aimait chez Axel, c'était sa capacité presque incroyable à savoir, au contraire du blond, avoir les réactions appropriées (lorsqu'il n'était pas en colère et dans ce cas, ignorez ce que je viens de dire). Le problème ? Il avait une tendance très désagréable : les avoir au mauvais moment. Alors qu'il s'était reposé contre la porte, celle-ci s'ouvrit.

Il tomba donc. D'une façon comique, mais la tension qu'il y avait avait faisait disparaître chaque once d'humour. Axel se racla la gorge, vaguement amusé et gêné, invitant silencieusement Roxas à se relever. Ce qu'il fit, parce qu'il n'avait vraiment pas envie de rester au sol et d'avoir l'air stupide aussi longtemps que ça.

« Heu... Tu veux venir manger une glace, comme ça ? Nan, parce que là il y a comme un blanc... » marmonna-t-il en se grattant la tempe droite.

Cette tension dont je parlais il y a quelques secondes disparut immédiatement.

« A l'eau de mer ? Demanda-t-il, un léger sourire sur son visage.
- A l'eau de mer. » Confirma le roux dans un petit rire

Ils rentrèrent, et bien que la gêne était toujours présente dans l'air, il semblait qu'elle se soit calmée.

{-}

D'habitude, il adorait manger des glaces à l'eau de mer. Dire qu'il serait capable de s'alimenter uniquement de ceci serait un pléonasme. Les manger avec Xion et Axem était bien plus intéressant et il ne refusait jamais une invitation. D'ordinaire, leurs « réunions » se déroulaient dans le rire et la bonne humeur, mais là... Xion était assise sur le canapé et les deux adolescents avaient chacun pris un fauteuil (il n'avait absolument pas envie de poser ses fesses sur ce canapé, maintenant).

Il n'était pas sûr de la façon dont il devait interpréter le silence pesant qui menait la discussion (cette phrase est ironique, sachez-le). Seul le bruit des glaces mordues le perturbait.

Il ne savait pas si le visage rouge de Xion comptait vraiment comme réaction.

Vu que ça devenait très lourd pour lui et insupportable, Roxas se décider à apporter un peu d'humour.

« Alors tu as vraiment décidé de lui parler ? »

Court moment de calme.

« Ouais. On est parti voir un truc au ciné et euh... Hum.. D-disons que... Enfin, tu vois ! »

Le blond retint l'éclat de rire qu'il voulait laisser sortir.

« Je dois cinquante euros à Naminé... »

Cette phrase ne passa pas inaperçu. Xion étant la sœur cadette de la blonde, il était évident qu'un quelconque pari sur sa vie sentimentale la préoccupait. Roxas, connaissant bien la brune, savait que ce regard glacial allait lui valoir des semaines de torture s'il ne choisissait pas bien ses mots.

« Hé. Hé-hé. Euh, en fait... Comment expliquer... En gros... »

Cette fois-ci, la tension disparut immédiatement, remplacée par la rire d'Axel (mais il ne dura pas rapidement, les yeux de sa petite amie étant des revolvers ambulants) et les cris d'indignation de la jeune fille.

« Si je l'attrape... » jura-t-elle en serrant les poings.

Axel se pencha vers lui.

« Tu avais parié sur notre... Disons, mise en couple ?
- Non. Naminé était sûre que vous vous mettriez en couple avant Noël. Merde, il manquait juste une petite semaine... »

En effet, l'habituelle fête familiale de fin d'année se déroulerait dans tout juste six jours.

« Si tu ne m'avais rien dit ce matin...
- Je vous dérange ?! » s'indigna l'adolescente.

Les deux reprirent immédiatement une position stoïque. La colère de la brune n'était pas une chose à ignorer.

« Désolé... » marmonna-t-elle par la suite en rougissant

Axel partit prendre place à côté de Xion, ricanant. Roxas laissa un sourire se diffuser sur son visage.

« Dis, au fait, pourquoi est-ce que t'es venu ? »

La question le prit par surprise et il en lâcha presque sa glace (d'ailleurs, il était le seul à ne pas l'avoir terminé). Et là, un dilemme énorme se posa devant lui.

Avait-il vraiment le droit de les accabler avec ses problèmes ?

Il regarda avec insistance ses deux vieux amis. Ils avaient trouvés ce qu'ils cherchaient. Leurs vie respectives étaient dénuées de tout ennui et ils respiraient le bonheur (cette phrase est tellement guimauve que n'importe qui en attraperait le diabète). Leur gâcher l'existence avec ses propres petits malheurs... Vraiment, ce serait égoïste. Il afficha le sourire le plus convaincant qu'il put et rit. Rit jaune, précisons-le.

« Vraiment, c'était rien. »

Les sourcils d'Axel se froncèrent.

« Roxas … » grogna-t-il d'un ton qui montrait clairement qu'il n'était pas convaincu et qu'il attendait des explications.

Oh oh. Le blond connaissait son air « je-vois-que-tu-mens-dis-la-vérité ». Généralement, il n'était pas capable d'y résister. Il déglutit alors que les yeux des des deux autres se concentraient sur lui. Il termina sa glace en une bouchée (et tenta par ailleurs d'ignorer le mal de tête que son action avait provoqué) et se leva. Axel fit la même chose.

« Écoute, faut que j'aille voir un truc avec... Euh, avec Xemnas. »

Son argument ne tint pas une seconde.

« C'est demain, ton rendez-vous. »

Et à ce moment, il eut le même réflexe que tout à l'heure. Il s'enfuit sans rien dire, ignorant les cris de ses amis.

Un lâche.

Un putain de lâche

Et là, il n'avait pas l'excuse de la complexité de son problème.

Là, c'était de la lâcheté.

{-}

Le cliché de la pluie pourrait vous paraître ridicule. Vu et revu dans les films divers (que ce soit d'horreur, de romance ou encore lors de scènes comme celle-ci), Roxas savait très bien que rester ici, les yeux fixant le ciel alors que les gouttes d'eau trempaient ses vêtements, ses cheveux et son visage, ne lui servirait à rien en temps normal. Mais là ? Il avait besoin de faire le point sur ses idées, de réfléchir, de penser, de méditer. De trouver une solution, car ça devenait ingérable. Il avait réellement besoin de se reposer, d’ignorer tout ça, de chercher une occupation pour chasser ses idées noires.

Rien de mieux que d'aller dans une rue déserte, sous les cordes d'eau qui tombaient et avec le vent glacial qui soufflait, me direz-vous. Il espérait en vain que le froid et le confort inexistant le fasse rentrer, mais ses jambes refusaient de bouger. Dans la cité du crépuscule, il y avait de nombreux petits culs-de-sac étroits qui, d'ordinaire, ne lui inspirait pas confiance, mais là, rentrer chez lui ne lui paraissait pas être une option intéressante. Si c'était pour le voir le prendre en pitié et lui demander ce qui n'allait pas... Hé bien disons qu'il ne voulait même pas imaginer cette hypothèse. S'il l'envoyait ailleurs aussi, il se retrouverait dans une situation épineuse.

Mais là ? Franchement, il ne savait pas comment réagir. Son portable venait de sonner. Le nom qu'il vit s'afficher sur l'écran l'avait fait, durant un instant, perdre l'équilibre. « Sora ». Six appels manqués. Évidemment, Aqua avait du prévenir son frère, et Axel avait suivi. Connaissant l'adolescent, il savait pertinemment que s'il ne répondait pas, il ne tarderait pas à prévenir les parents. Mais néanmoins, s'il répondait et que ses mensonges été repérés... Non seulement il l'aurait dans le nez, mais en plus, son frangin se mettrait à le coller pour savoir ce qui n'allait pas.

Et ce dont il avait besoin, à l'heure actuelle, c'était d'être LOIN.

Alors il décrocha et porta son appareil devant son oreille.

« Allô, Sora ?
- Roxas ! S'exclama-t-il et le blond entendit un soupir de soulagement. Où est-ce que t'étais ? Axel m'a appelé il y a une demi-heure, il était en train de paniquer comme un gosse ! Qu'est-ce que tu fous ? »

Donc Aqua n'avait pas téléphoné. Pas si étonnant que ça au final ; il était possible que son médecin ai décidé de ne pas lui causer trop d'ennuis.

« Je... Écoute...
- Si il faut, je peux venir te chercher ! Dis-moi où t'es ! »

Il paniqua et rattrapa rapidement son portable alors qu'il avait failli le laisser tomber. Là, il n'avait surtout pas besoin de ça en plus. Il n'avait pas fière allure dans cet état, et il n'avait pas besoin que le châtain le materne comme une poule. S'il apprenait qu'il se sentait mal, il était parti pour une heure d'un de ses speech sur la valeur de l'amitié et de faire confiance aux autres... Certes, il avait négligé la partie : « je peux pas expliquer à mon frangin parce que tout les soirs, je rêve qu'il me prend ».

« En fait... C'est vraiment débile, tu sais. »

Il laissa de l'amusement flotter à la fin de sa phrase (il avait toujours été bon pour mentir) et comme il s'y attendait, la réaction de Sora ne se fit pas attendre.

« Rox', on a partagé le même placenta pendant neuf mois, tu peux me le dire ! »

Il grimaça de dégoût. La métaphore était loin d'être ragoûtante.

« Écoute, Sora, j'ai simplement oublié de faire mon travail en maths. Et j'allais demander à Axel de me passer son boulot...
- Vraiment ?
- Euh, ouais. »

Il entendit un soupir de l'autre bout du téléphone.

« Si tu veux mentir, fais-le bien. »

Il écarquilla les yeux. Le ton de son frère avait radicalement changé, et il l'avait connu depuis assez longtemps pour savoir ce qu'il allait dire.

« Axel est un cancre en maths. Et combien même tu aurais oublié, ce qui est impossible parce que tu passe tout les jours une heure dans tes cours, tu aurais préféré demander à Naminé. »

Touché.

« Et si tu me disais la vérité ? Ça va faire deux semaines que tu m'évites. Dis-moi ce que j'ai fais de mal, au moins. » dit-il d'un ton peiné.

Le cœur du blond se serra un instant. Il savait qu'en faisant ça, il lui ferait du mal. Mais c'était mieux que s'il devait dire la vérité.

« Sora. Je... Je t'en parlerai en rentrant, d'accord ?
- Roxas... »

Il retint les larmes qui venaient à ses yeux. Non, ne pas pleurer. Cette situation, c'était de sa faute. Uniquement de la sienne.

« Désolé. »

Il raccrocha, ignorant la voix du châtain qui l'appelait.

{-}

Lui et Sora n'étaient pas seulement frères. Ils étaient jumeaux.

Oui, des vrais. Et tout le monde s'amusait du fait qu'il était impossible de savoir qui était qui. Bien que ses parents le devinaient immédiatement (le gamin qui préférait restait seul était Roxas), la plupart des gens qu'ils croisaient ne se souvenait même pas de leurs noms. Ils étaient « les jumeaux » aux yeux de tous.

Et ça, il en avait horreur. Il était lui, pas Sora ! Ses yeux n'étaient pas aussi clairs que les siens, ses mains étaient plus fines, son nez plus droit. Il n'était pas le châtain, il était Roxas. Roxas, le gamin timide et réservé, méfiant mais qui sortirait immédiatement de ses limites s'il devait le faire.

C'est ce que pensait l'enfant qu'il était, âgé tout juste de sept ans. Il fixa le miroir, se regardant avec une expression qui exprimait tout son ennui. Allait-il vraiment le faire ?

Il détestait qu'on le confonde avec Sora. Alors il allait utiliser une méthode radicale. Il n'avait pas vraiment le choix. Personne n'était à la maison et ils étaient tous partis. Il attrapa la boîte contenant la teinture blonde et se décida finalement à l'appliquer sur sa tignasse. Là, au moins, personne ne se tromperait.

Bon, il se prendrait une peignée, mais au moins il serait tranquille. Il espérait juste qu'il pourrait continuer à le faire après.


{-}

Il avait finalement décidé d'écumer les rues. Au départ. Et puis il se décida à aller dans un des bars gays les plus connus de la ville. Il passa sans problème devant le videur ; il avait toujours fait plus vieux, et celui-ci était trop occupé à rouler un patin à l'un des clients pour s'occuper de lui. Il savait qu'il s'enfonçait dans les clichés, mais à l'instant, il s'en foutait royalement. Il ne se sentait pas du tout en sécurité. Il aurait préféré, à cette heure-ci, être dans son lit, bien au chaud. Mais avait-il vraiment envie de rentrer pour faire face à Sora ? A l'heure actuelle, tout ce qu'il voulait, c'était d'oublier, de laisser ses pensées noires abreuver le fleuve de l'oubli. Juste ça. Rien que ce petit souhait, qui ne lui serait pas accordé. Si Dieu existait, c'était vraiment un enfoiré, pensait-il en grognant devant son verre.

Un verre d'alcool, oui. Le lieu était plutôt miteux, et il était assez facile de deviner que le propriétaire se foutait complètement de l'âge autorisé. Quitte à être malheureux, autant être saoul, hein ?

C'était ce qu'il pensait. Jusqu'à ce qu'un étranger vienne l'aborder. Évidemment, ça n'avait rien d'innocent et il l'avait deviné au premier coup d’œil. Roxas avait beau être une sainte ni-touche en temps normal lorsque quelque chose concernant le sexe était invoqué, il se trouvait assez pitoyable pour ne pas refuser maintenant. Surtout que ce dit étranger avait des yeux bleus et des cheveux châtains ébouriffés qui lui rappelaient quelqu'un.

Il se laissa donc draguer (d'ailleurs, l'autre aurait gagné à s'améliorer). Il suffit à peine d'un quart d'heure pour que l'homme l'emmène dans un hôtel du coin (pas très cher, mais il devait avouer qu'il avait fait un effort). Il perdit donc, avec cette personne dont il ne connaissait rien, sa première fois.

Son premier baiser, aussi. Mais il avait beau essayer de se convaincre que la personne qu'il embrassait était Sora, ça ne marchait pas. Il n'avait pas cette étincelle dans ses yeux trop sombres, pas ce sourire qui le faisait rougir. Rien qui ne faisait qu'il aimait son jumeau. Mais il n'était pas là pour tomber dans la guimauve : il avait juste envie de se changer les idées.

Ce fut court, douloureux et sans grand plaisir. Il ne se rappelait même pas avoir joui, c'est pour dire. Évidemment, l'étranger partit immédiatement avec un simple « à plus », sans laisser de numéro ou de message sympathique. Pas étonnant. Il supposait qu'il n'aurait pas été heureux s'il avait entendu la personne qu'il avait séduite murmurer le nom de quelqu'un d'autre. Pas qu'il ait un remord pour lui, ne vous trompez pas.

Par contre, l'après fut assez dur. Il se sentait définitivement trop mal, trop sale pour oser rentrer chez lui. Il se contenta de prendre une douche et de dormir à terre. Les draps étaient trop crasseux pour qu'il s'abaisse à y dormir. Il sanglota durant plusieurs minutes, mouillant le sol, et après ça, tomba dans les bras bien plus réconfortants de Morphée.

{-}

Le matin fut rude. Très rude. Il fut réveillé par le propriétaire qui lui demandait la note (cet enfoiré n'avait même pas payé). Vu qu'il était mineur et n'avait pas d'argent, ce qui arriva devait arriver. Il fut envoyé au poste de police. Et là, il n'aurait pas pu être plus humilié.

En plus de voir le visage de dégoût lorsque ses parents découvrirent qu'il était homo après qu'il leur ait dit (il n'aurait jamais cru que sa mère d'habitude si douce et gentille soit homophobe), il vit avec horreur l'air coupable et rempli de remords qu'avait Sora. Ça, c'était pire. Surtout lorsque les policiers avaient annoncé ça...

« Nous avons retrouvé des traces sur le lit qu'a utilisé votre fils. Annonça le flic avec une voix qui se voulait neutre.
- Quel genre de trace ? Demanda son père d'un ton sec, bien que la question soit uniquement là pour confirmer ses peurs.
- Des traces de sperme, monsieur. »

Là, le monde du blond s'écroula. Il ne savait pas ce qu'il allait faire. Il ferma les yeux, tentant à tout prix d'ignorer le regard déçu de son père, le visage rempli de remords de son frère (qui lui, se sentait coupable de l'avoir laissé seul) et la haine qui brûlait dans les yeux de sa mère.

Celle-ci l'avait toujours détesté. Pas assez joyeux, pas aussi fort que Sora. Certes, il était un petit génie, mais que valait le gosse solitaire et silencieux contre l'enfant rempli de joie et parfait qu'était son jumeau ? Que valait le « pédé », face à son fils si génial qui avait une magnifique petite amie ? Il savait parfaitement qu'il n'avait rien à regretter, hormis peut-être d'avoir laissé sa virginité à un parfait inconnu, alors il ignora totalement les cris de sa mère lorsqu'ils rentrèrent à la maison.

Celle-ci avait décidé de l'envoyer dans une école catholique du sud du pays. Pas un problème pour lui ; au moins, ils ne savaient pas le pire. C'est dans cet état d'esprit qu'il regagna sa chambre et qu'il n'en sortit pas pendant plus de cinq jours. Du moins, il le fit uniquement pour manger. Vu que la salle de bain était juste à côté de la chambre (il était dorénavant seul, ses parents avaient fait en sorte que Sora dorme dans la chambre d'amis, comme s'il portait des « germes », mais après tout c'était bien mieux), il n'avait pas besoin de descendre. Il n'eut pas besoin d'aller en cours et se contenta d'appeler Axel de temps en temps.

Oui, car il n'avait pas non plus le droit de voir Axel. Sa mère, selon ses propres mots, pensait qu'il « risquait de baiser avec ce petit con » qu'était son meilleur ami. Ledit meilleur ami, car il s’inquiétait, envoyait parfois Xion le voir. Avec elle, il n'y avait pas de problème. Ses géniteurs espéraient d'ailleurs secrètement qu'il porte son dévolu sur elle. Ce qui n'arriverait jamais, mais il préférait ne pas leur dire. Elle était déjà venu trois fois en cinq jours. Des fois, elle restait deux heures, ou plus, parfois moins. Ça dépendait de son irritabilité.

« Roxas... » marmonna-t-elle en voyant qu'il n'avait, aujourd'hui, pas quitté son lit et restait là à jouer sur sa vieille gameboy.

Il aurait pu réfléchir sur ce qu'il allait faire, mais vu que sa charmante mère le faisait à sa place, il avait décidé de ne penser à rien. Mais le ton plaidant de son amie le fit relever la tête.

« Pourquoi est-ce que tu nous as pas dit ce qui n'allait pas ? »

Cette question, mon dieu, cette question. Elle l'avait posée à chaque fois. Et à chaque fois, il ne répondait pas. Avait-il vraiment besoin de le dire ? Sa méchanceté actuelle, causée par sa frustration, sa peur et sa colère, n'allait pas le faire réagir gentiment.

« Parce que. »

Cette petit phrase de deux mots était la seule chose qu'il pouvait dire. Mais cette fois, il semblait que la brune n'allait pas s'en contenter.

« Tu aurais du nous en parler ! »

Par « nous », Roxas ne savait pas si elle voulait d'elle et d'Axel, ou encore de Sora, ou de Naminé, ou de Kairi, ou encore même de ce crétin de Riku, ou encore de Ven... Franchement, il n'en avait aucune idée. Mais de toute façon, il s'en fichait. Jetant un regard glacial à son amie qui frissonna à cette vision, il répliqua d'un ton rempli de condescendance

« Pour que vous soyez plein de pitié pour le pauvre petit Roxas ? Non merci. »

Elle se dépêcha de protester d'un air indigné.

« Tu sais très bien que l'on t'aurait accueilli à bras ouverts !
- Vraiment ? Dit-il ironiquement. »

Ses sourcils se froncèrent et elle parut presque triste.

« Nous sommes tes amis, non ?
- Arrête avec la guimauve, Xion. »

Il n'y avait pas de gentillesse dans cette voix. Juste du mépris. Elle n'avait rien fait. Mais il avait besoin de se calmer. Et là, ses nerfs étaient à vifs.

« Tu penses que tu aurais réagi de quelle façon si je t'avais dit que j’étais amoureux de Sora ? »

Voilà, ça. Ce visage rempli de choc, d'incompréhension et de cette petite étincelle qu'il détestait. Il l'avait vu passer, durant un court instant. Du dégoût. Elle savait qu'il était sérieux. Et c'était justement ça qui avait provoqué cet état.

« Qu'est-ce que tu aurais dit si je t'avais dit que tout les jours, je rêve de lui le soir ? Que je rêve de choses que je ne suis même pas supposé imaginer ? Que tout les matins, je me réveille en avance pour prendre une douche froide ? »

La révélation de ces parties intimes de son imagination dut la traumatiser assez pour qu'elle ne dise pas un mot. Elle avait pris un teint livide. Il laissa un rictus amer danser sur ses lèvres. Des lèvres qu'il avait mordu toute les nuits pour s'empêcher de pleurer.

« Tu aurais réagi comme ça. Dégage, Xion. »

Cette brutalité, cette vulgarité et cette méchanceté étaient le fruit de semaines de frustration, de mensonges et de peur. Il savait qu'après ça, Axel ne viendrait plus. Ni Xion. Ni personne. La rumeur se propagerait telle une fusée. Une raison pour ne pas revenir après son séjour dans cette école.

La jeune femme passa devant lui et s'apprêta à sortir.

Il aurait cru les choses ne pouvaient pas empirer. Là, il avait tort. Il avait cru s'évanouir lorsque la silhouette familière de Sora apparut dans sa chambre. Visiblement, vu son air pétrifié, il avait tout entendu. La porte était entrouverte. Ce fut au tour de Roxas de prendre une teinte morbide. La jeune femme partit.

Putain. Piégé comme un débutant. Pas étonnant que Sora ne soit pas rentré une seule fois dans sa chambre durant tout ce temps. Il attendait derrière la porte et écoutait leurs discussions.

Un silence lourd, peut-être le plus horrible de sa vie, passa. Il n'osa même pas le regarder, car il ne voulait pas voir le regard rempli de haine qu'allait lui lancer son jumeau. La peur qu'il ressentit à cet instant fut peut-être la plus intense qu'il ait vécu. Le nœud dans son estomac devenait presque douloureux et il devait retenir les larmes qui menaçaient de couler.

Il vit du coin de l’œil (car il voulait tout même voir ce qu'il pensait) la bouche de Sora s'ouvrir, se fermer. S'ouvrir à nouveau. Se fermer.

La honte le recouvrait. Qu'allait-il faire, maintenant ? Le repousser brutalement et lui dire de partir à jamais ?

Non, ce qu'il fit fut bien pire.

« Roxas ? » demanda-t-il finalement, sa voix rempli d'incertitude.

Il leva finalement les yeux pour croiser les yeux si semblables de Sora, qui étaient remplis de confusion et d'incertitude.

« Écoute, je... C'est pas grave. »

Sa gorge était asséchée. Il était incapable de parler. Non, il ne fallait pas qu'il fasse ça. Ce n'était pas un rejet, ni une acceptation.

« Tu.. Tu peux pas vraiment... »

Il luttait pour trouver ses mots. Roxas, lui, luttait pour ne pas se briser sur place. Pour ne pas sauter par la fenêtre.

« Je veux dire... On ne peut contrôler qui on... »

Le mot ne voulait décidément pas sortir, quoiqu'il fasse. Mais apparemment, il réussit à passer.

« … Qui on aime, hein ? C'est pas de ta faute. »

Il referma ses yeux. C'était pire que tout. Gentil petit Sora ne ferait jamais de mal à son frère. Gentil petit Sora ne repousserait pas son frère de façon brutale, il le ferait gentiment. Gentil petit Sora ne détesterait jamais Roxas. Et Roxas se sentirait coupable d'imposer ses sentiments à son jumeau. Car il y aurait toujours gentil Sora et méchant Roxas.

« Sors, Sora.
- Roxas... l'implora-t-il d'un ton empli de pitié. Une pitié qui le dégoûtait plus que tout.
- Sors ! » S'exclama-t-il enfin, les yeux mouillés et rougis.

Cette saloperie de pitié. Il sortit, lui jetant un dernier regard avant de disparaître derrière la porte et de la fermer derrière lui.

Il se recroquevilla, et laissa couler les larmes qu'il retenait depuis si longtemps. Ce n'était en rien comparable à ses pleurnicheries de l'hôtel. Là, c'était son cœur qui hurlait, qui criait. C'était sa vie qui s'écroulait devant ses yeux, c'était ce qu'il avait eu qui s'en allait. C'était le ciment qui faisait tenir sa vie qui coulait, c'était les briques qui se brisaient.

Ce n'était pas le malheur qui apparaissait, c'était ce qui le cachait qui disparaissait.

Il ne savait pas combien de temps exactement il était resté ainsi. Il se souvenait avoir pleuré, avoir gémi, avoir retenu les cris qui voulaient sortir de sa gorge. Il se souvenait avoir regardé la lune avec un désespoir palpable lorsque sa famille partit pour fêter le réveillon chez ses grands-parents.

Il se souvint aussi d'avoir pris une décision.

{-}

Il ne s'était jamais rendu compte du bonheur que pouvait-être le sommeil.

Un sommeil rempli de calme, de paix. Vide de malheur, de tristesse et d'horreur. Vide de tout ce qu'il voulait éviter. Le meilleur moment restait l'instant où il sentait ses paupières devenir lourde et sa respiration ralentir. Mais ce genre de sommeil était bien plus reposant, malgré la douleur.

Alors qu'il fermait les yeux pour la dernière fois, il se demanda comment allait réagir Sora en voyant son cadeau de noël. Sora. Sora. Ce nom qu'il avait murmuré un nombre incalculable de fois, qu'il avait presque gémit à un moment et qu'il chantait presque comme une prière. Le dernier souvenir qu'il aurait de lui serait ce regard bleuté si pur, mais rempli de peur.

Il aurait presque voulu voir sa réaction lorsqu'il découvrirait le corps de son frère, un couteau enfoncé dans la poitrine, trempant de son sang, ce liquide de la vie, les cadeaux qui étaient censés être distribués demain. Il aurait voulu aussi voir le visage de ses géniteurs lorsqu'ils verraient le corps de l'un de leurs deux fils étalé en dessous du sapin de noël dont les branches étaient désormais teintées de liquide carmin. Seraient-ils malheureux ? Se sentiraient-ils coupables ? Malheureusement, il ne le saurait jamais.

Un dernier sourire se propagea sur son visage avant que l'obscurité ténébreuse et froide ne l'emporte pour un sommeil qui se promettait long.

Mais sans douleur. Pour tout le monde.

Joyeux Noël, Sora.

{-}

Parfois, il arrive qu'il se perde dans ses pensées. Parfois, il arrive qu'il y réfléchisse. Parfois, il arrive qu'il fasse des rêves. Parfois, il fait des cauchemars.

Parfois, Sora se demande ce qui se serait passé s'il n'avait pas écouté à cette porte.

Parfois, il se demande si Roxas sera encore en colère contre lui quand il le rejoindra.

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La citation du jour (enfin du mois, peut être de l'année ça dépendra de ma flemme) :
"Définissez-moi d'abord ce que vous entendez par Dieu et je vous dirai si j'y crois", Albert Einstein

J'ai la flemme de me faire une signature originale alors je mets des BD débiles ^w^

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Lys - Sentimenti Represso
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